Attestation d'hébergement : modèle, mentions obligatoires et règles 2026
Vous logez gratuitement un proche et il a besoin d'un justificatif de domicile à son nom ? L'attestation d'hébergement est le document qui règle ce problème. Encore faut-il la rédiger correctement, avec les bonnes mentions et les bonnes pièces jointes, car une déclaration inexacte constitue un délit. Voici tout ce qu'il faut savoir pour la préparer sereinement en 2026.
Qu'est-ce qu'une attestation d'hébergement ?
L'attestation d'hébergement est une attestation sur l'honneur par laquelle une personne, appelée l'hébergeant, certifie loger gratuitement une autre personne, l'hébergé, à son domicile. Son rôle est simple mais essentiel : elle sert de justificatif de domicile pour l'hébergé qui ne dispose d'aucun document officiel à son propre nom (facture, quittance, avis d'imposition).
Bon à savoir : il n'existe aucun formulaire légal imposé. Contrairement à d'autres démarches, il n'y a pas de Cerfa obligatoire (à ne pas confondre avec l'attestation d'accueil, un document différent réservé à l'accueil d'un étranger en court séjour, qui, lui, passe par un formulaire déposé en mairie). Le modèle de référence est la lettre gratuite éditée par la DILA (Direction de l'information légale et administrative, rattachée au Premier ministre), disponible sur service-public.gouv.fr. Cette fiche officielle (référence R39697) a été vérifiée le 11 mai 2026 et propose un document personnalisable en ligne, puis téléchargeable.
À quoi sert une attestation d'hébergement ?
Le document est réclamé par de nombreuses administrations dès lors que l'hébergé doit prouver où il réside. Les cas d'usage les plus fréquents sont :
- l'immatriculation d'un véhicule (demande de carte grise) ;
- une demande de titre de séjour ;
- l'obtention ou le renouvellement du permis de conduire ;
- la délivrance d'une carte nationale d'identité ou d'un passeport ;
- une inscription scolaire ou universitaire ;
- l'ouverture de droits auprès d'un organisme (Sécurité sociale, CAF, etc.).
Elle joue donc le même rôle probatoire qu'une attestation de travail dans le champ professionnel : un écrit signé qui certifie une situation de fait auprès d'un tiers.
Les mentions obligatoires à faire figurer
Pour être recevable, l'attestation doit contenir un socle d'informations précises. En oublier une seule expose au rejet du dossier. Voici les mentions impératives :
| Élément | Détail à indiquer |
|---|---|
| Identité de l'hébergeant | Nom, prénom(s), date et lieu de naissance |
| Adresse du logement | Numéro, rue, code postal, commune (adresse complète) |
| Formule sur l'honneur | « Je soussigné(e)… atteste sur l'honneur héberger… » |
| Identité de l'hébergé | Nom, prénom(s), date et lieu de naissance |
| Date de début d'hébergement | « depuis le… » |
| Lieu et date de rédaction | « Fait à…, le… » |
| Signature | Signature manuscrite originale de l'hébergeant |
Modèle et structure attendue (modèle DILA)
La structure officielle suit un ordre logique et tient en quelques lignes. Voici le squelette du modèle DILA à reprendre :
- « Je soussigné(e) [Prénom NOM], né(e) le [date] à [ville/pays], demeurant [adresse complète] »
- « atteste sur l'honneur héberger à mon domicile [Prénom NOM de l'hébergé], né(e) le [date] à [ville/pays], depuis le [date de début]. »
- « Fait à [lieu], le [date]. » (avec la mention facultative « pour faire valoir ce que de droit »)
- Signature de l'hébergeant.
Rédigez-la de préférence sur ordinateur pour la lisibilité, mais la signature doit rester manuscrite et originale. Une attestation signée numériquement ou une simple photocopie est fréquemment refusée par les guichets, qui exigent un original signé à la main par l'hébergeant.
Les pièces à joindre par l'hébergeant
L'attestation seule ne suffit jamais. L'hébergeant doit l'accompagner de deux catégories de documents, à verser au dossier de l'hébergé :
- une copie de sa pièce d'identité (carte nationale d'identité ou passeport) ;
- un justificatif de domicile à son propre nom, au choix parmi : facture d'électricité, de gaz, d'eau, d'internet ou de téléphone ; avis d'imposition ou de non-imposition ; quittance de loyer ; titre de propriété ; attestation d'assurance habitation.
Dans la pratique, l'administration réclame très souvent aussi la copie de la pièce d'identité de l'hébergé. Anticipez : préparez ces éléments en même temps que l'attestation pour éviter les allers-retours au guichet. Si vous devez au passage résilier un contrat lié à votre logement (énergie, assurance), pensez à conserver le document : notre modèle de lettre de résiliation peut vous être utile.
Délais et durée de validité en 2026
C'est le point qui piège le plus de dossiers. L'attestation d'hébergement elle-même n'a pas de durée de validité légale, mais les administrations exigent fréquemment qu'elle date de moins de 3 mois. Surtout, le justificatif de domicile joint obéit à des règles de récence qui varient selon la démarche :
| Démarche ou document | Ancienneté généralement admise du justificatif |
|---|---|
| Règle courante (nombreuses démarches) | Moins de 3 mois (90 jours) |
| Immatriculation / carte grise et permis de conduire (ANTS) | Moins de 6 mois |
| Carte nationale d'identité et passeport | Moins d'un an |
| Attestation d'hébergement elle-même | Pas de durée légale, mais souvent exigée de moins de 3 mois |
La règle des 3 mois n'est donc pas universelle : vérifiez toujours l'exigence propre à votre démarche. Le bon réflexe reste de rédiger l'attestation et de rassembler les justificatifs juste avant de déposer le dossier, jamais plusieurs mois à l'avance.
Fausse attestation : un délit puni par la loi
Attention, l'attestation d'hébergement n'est pas une simple formalité de complaisance. Établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts, falsifier une attestation sincère, ou faire usage d'une attestation inexacte ou falsifiée constitue un délit prévu par l'article 441-7 du Code pénal.
Les sanctions sont lourdes :
| Situation | Peine encourue |
|---|---|
| Fausse attestation (faits inexacts, falsification, usage) | 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende |
| Infraction visant à nuire au Trésor public ou au patrimoine d'autrui, ou à obtenir un titre de séjour / une protection contre l'éloignement | 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende |
Point crucial : ces peines visent aussi bien l'hébergeant qui rédige le faux que l'hébergé qui en fait sciemment usage. Autrement dit, les deux parties engagent leur responsabilité pénale. Ne certifiez donc jamais un hébergement fictif, même pour rendre service.
Nos conseils pour un dossier accepté du premier coup
Pour maximiser vos chances, vérifiez trois points avant le dépôt : que toutes les mentions obligatoires figurent bien sur le document, que la signature est manuscrite et originale, et que les justificatifs joints respectent le délai exigé par votre démarche. Renseignez-vous aussi sur les exigences propres à votre dossier : préfecture, ANTS ou établissement scolaire peuvent ajouter des pièces spécifiques. Si l'attestation accompagne une candidature (logement étudiant, école, emploi), soignez également les documents associés comme le CV ou la lettre de motivation qui l'accompagne.
Nos modèles à télécharger
Gagnez du temps avec un document prêt à compléter. Choisissez parmi nos 6 mises en page d'attestation d'hébergement, conformes aux mentions officielles, au format Word ou Excel et entièrement gratuit. Il ne vous reste qu'à renseigner vos informations, imprimer et signer à la main. Sélectionnez le modèle qui correspond le mieux à votre démarche et téléchargez-le en un clic.
Nos modèles à télécharger — 3 styles
Choisissez le style qui vous plaît, puis téléchargez-le au format Word ou Excel.
Attestation d’hébergement — standard
Standard — attestation sur l’honneur (hébergement depuis plus de 3 mois), avec les pièces à joindre.
Attestation d’hébergement — CNI / passeport
CNI / passeport — sert de justificatif de domicile pour la personne hébergée.
Questions fréquentes
L'attestation d'hébergement doit-elle suivre un formulaire officiel ou un Cerfa ?
Non. Il n'existe aucun formulaire légal imposé ni Cerfa obligatoire pour l'attestation d'hébergement (à ne pas confondre avec l'attestation d'accueil). Le modèle de référence est la lettre gratuite éditée par la DILA sur service-public.gouv.fr (fiche R39697, vérifiée le 11 mai 2026), personnalisable en ligne. Vous pouvez aussi rédiger votre propre document, à condition qu'il contienne toutes les mentions obligatoires.
Quels justificatifs l'hébergeant doit-il joindre à l'attestation ?
L'hébergeant doit fournir une copie de sa pièce d'identité (CNI ou passeport) et un justificatif de domicile à son nom : facture d'électricité, gaz, eau, internet ou téléphone, avis d'imposition ou de non-imposition, quittance de loyer, titre de propriété ou attestation d'assurance habitation. L'administration réclame souvent aussi la pièce d'identité de l'hébergé.
Quelle est la durée de validité d'une attestation d'hébergement ?
L'attestation elle-même n'a pas de durée de validité fixée par la loi, mais les administrations exigent fréquemment qu'elle date de moins de 3 mois. Le justificatif de domicile joint suit une règle qui varie selon la démarche : souvent moins de 3 mois, jusqu'à 6 mois pour une carte grise ou un permis de conduire, et jusqu'à un an pour une carte d'identité ou un passeport.
Que risque-t-on en cas de fausse attestation d'hébergement ?
C'est un délit prévu par l'article 441-7 du Code pénal : 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Les peines montent à 3 ans et 45 000 € si l'infraction vise à nuire au Trésor public ou au patrimoine d'autrui, ou à obtenir un titre de séjour ou une protection contre l'éloignement. L'hébergeant qui rédige le faux et l'hébergé qui l'utilise sont tous deux passibles de ces sanctions.