Attestation de travail : modèle, mentions et différences en 2026
Votre banque, votre futur bailleur ou une administration vous réclament une attestation de travail ? Ce document tout simple prouve que vous êtes bien en poste, mais il est souvent confondu avec le certificat de travail ou l'attestation France Travail. Voici ce qu'il contient vraiment, ce que dit la loi et comment le rédiger sans erreur.
Qu'est-ce qu'une attestation de travail ?
L'attestation de travail, aussi appelée attestation d'emploi, est un document par lequel l'employeur atteste qu'un salarié est actuellement en poste dans l'entreprise. Contrairement à d'autres documents remis en fin de contrat, elle se demande en cours de contrat, tant que la relation de travail est active.
Le salarié la sollicite pour prouver son emploi vis-à-vis d'un tiers. Les situations les plus fréquentes sont les suivantes :
- constituer un dossier de prêt bancaire (immobilier ou consommation) ;
- répondre à la demande d'une agence immobilière ou d'un bailleur pour une location ;
- appuyer une démarche administrative ou une demande d'aide ;
- alimenter un dossier de naturalisation ou d'immigration.
Un modèle officiel « Attestation de travail » est proposé par le Code du travail numérique (code.travail.gouv.fr). Il sert de base de rédaction, mais n'a pas de valeur contraignante : aucune loi n'en impose le contenu, comme nous le verrons plus bas.
Attestation de travail, certificat de travail, attestation France Travail : ne pas confondre
C'est le point le plus source d'erreurs. Trois documents portent des noms proches mais répondent à des logiques différentes. Le tableau ci-dessous les distingue clairement.
| Document | Quand est-il remis ? | Obligatoire ? | À quoi sert-il ? |
|---|---|---|---|
| Attestation de travail (attestation d'emploi) | En cours de contrat, à la demande du salarié | Non (aucune sanction) | Prouver que le salarié est actuellement en poste |
| Certificat de travail | À la fin du contrat (CDD ou CDI, quel que soit le motif) | Oui (art. L1234-19) | Attester la période d'emploi et la nature des postes occupés |
| Attestation France Travail (ex-Pôle emploi) | À la fin du contrat, transmise à France Travail | Oui | Servir au calcul des droits à l'allocation chômage |
Le certificat de travail : un document obligatoire
Le certificat de travail est remis obligatoirement à la fin du contrat, qu'il s'agisse d'un CDD ou d'un CDI, et quel que soit le motif de la rupture (démission, licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle). Il est encadré par l'article L1234-19 du Code du travail. Son contenu est défini par l'article D1234-6 : la date d'entrée et la date de sortie du salarié, ainsi que la nature de l'emploi (ou des emplois successifs) et les périodes correspondantes.
Le défaut de remise expose l'employeur à l'amende des contraventions de 4e classe, soit 750 € (art. R1238-3), et à d'éventuels dommages-intérêts devant le conseil de prud'hommes si le salarié prouve un préjudice. Ce document intervient typiquement au moment d'une /lettre-de-demission ou de toute autre rupture du /contrat-travail-cdi.
L'attestation France Travail : pour le chômage
L'attestation France Travail (anciennement attestation Pôle emploi ou « attestation employeur ») est elle aussi remise à la fin du contrat et transmise à France Travail. Elle sert exclusivement au calcul des droits à l'allocation chômage. C'est une obligation légale à ne surtout pas confondre avec l'attestation de travail « courante », qui, elle, se demande pendant que le salarié travaille.
L'attestation de travail est-elle obligatoire ?
Non. L'attestation de travail n'est pas un document légalement obligatoire. L'employeur n'a aucune obligation légale de la délivrer et aucune sanction n'est prévue en cas de refus, contrairement au certificat de travail.
Conséquence directe : il n'existe aucune mention légale imposée ni format officiel. L'employeur la rédige librement. Une seule réserve mérite d'être signalée : un accord d'entreprise ou une convention collective peut, dans certaines branches, prévoir le contenu d'une telle attestation. Il est donc utile de vérifier sa convention collective avant de refuser ou de rédiger.
En pratique, la grande majorité des employeurs l'établissent volontiers : le document est simple, rapide à produire et ne les engage à rien d'autre qu'à confirmer une situation existante. Un salarié qui essuie un refus n'a toutefois pas de recours pour l'exiger.
Quelles mentions faire figurer sur une attestation de travail ?
Puisque la loi n'impose rien, ce sont les attentes des organismes destinataires (banques, bailleurs, administrations) qui déterminent le contenu utile. Pour que le document ait de la valeur, il est recommandé d'y faire figurer les éléments suivants.
| Rubrique | Mentions recommandées |
|---|---|
| Employeur | Dénomination sociale, adresse, numéro SIRET (immatriculation) |
| Signataire | Nom et fonction du représentant (gérant, DRH…) |
| Salarié | Nom, prénom (le cas échéant date/lieu de naissance, adresse) |
| Poste | Fonction occupée dans l'entreprise |
| Contrat | Type de contrat : CDI, CDD, etc. |
| Ancienneté | Date d'entrée dans l'entreprise et ancienneté |
| Rémunération | Le cas échéant, si elle est demandée (ex. dossier de prêt) |
| Formalités | Date et lieu d'établissement, signature de l'employeur (et cachet en pratique) |
Le poste indiqué doit correspondre à la réalité des missions exercées. En cas de doute, s'appuyer sur la /fiche-de-poste-exemple du salarié permet d'employer un intitulé cohérent avec le contrat de travail.
Comment est structurée une attestation de travail ?
D'après le modèle officiel, le document suit une trame en six parties, facile à reproduire :
- En-tête : coordonnées de l'entreprise (dénomination, adresse, SIRET).
- Titre : « Attestation de travail » (ou « Attestation d'emploi »).
- Formule de certification : « Je soussigné(e) [nom, fonction], représentant la société [nom], atteste que M./Mme [nom, prénom]… ».
- Corps : poste occupé, type de contrat, date d'entrée, ancienneté.
- Mention d'établissement : « Attestation établie pour faire valoir ce que de droit ».
- Pied de page : « Fait à [lieu], le [date] », suivi de la signature (et du cachet).
Trois variantes selon le contrat
Le modèle officiel prévoit trois formulations du corps du texte selon la situation du salarié :
- CDI sans date de fin : l'attestation confirme un emploi en cours à durée indéterminée ;
- CDD avec terme précis : l'attestation indique la date de fin prévue du contrat ;
- CDD sans terme déterminé : l'attestation mentionne l'objet du contrat sans date de fin fixe.
Choisir la bonne variante évite toute ambiguïté auprès de l'organisme destinataire. Pour un emploi stable, la mention du /contrat-travail-cdi rassure particulièrement les banques et les bailleurs.
Durée de validité de l'attestation de travail
Aucune date de péremption légale n'existe : le document reste techniquement valable dans le temps. De même, comme il n'est pas obligatoire, aucun délai légal de remise ne s'impose à l'employeur.
En pratique, toutefois, les organismes veulent vérifier un emploi réellement en cours. Les banques et les bailleurs demandent donc le plus souvent une attestation de moins de 3 mois. Il est donc conseillé de la solliciter au moment de constituer son dossier, plutôt que de réutiliser un document ancien.
| Question | Réponse |
|---|---|
| Date de péremption légale ? | Aucune |
| Délai légal de remise ? | Aucun (document non obligatoire) |
| Attente pratique des organismes | Document de moins de 3 mois |
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Questions fréquentes
L'attestation de travail est-elle obligatoire pour l'employeur ?
Non. Aucune loi n'oblige l'employeur à délivrer une attestation de travail et aucune sanction n'est prévue en cas de refus. Seule une convention collective peut, dans certaines branches, en encadrer le contenu. En pratique, la plupart des employeurs l'établissent sans difficulté.
Quelle différence entre attestation de travail et certificat de travail ?
L'attestation de travail se demande en cours de contrat pour prouver un emploi en cours, et n'est pas obligatoire. Le certificat de travail est remis obligatoirement à la fin du contrat (art. L1234-19) ; son absence expose l'employeur à une amende de 750 € (art. R1238-3).
Quelles informations doit contenir une attestation de travail ?
Aucune mention n'est légalement imposée. Il est toutefois recommandé d'indiquer l'identité de l'employeur (dénomination, adresse, SIRET) et du signataire, l'identité du salarié, le poste, le type de contrat (CDI/CDD), la date d'entrée et l'ancienneté, puis la date, le lieu et la signature.
Combien de temps une attestation de travail est-elle valable ?
Il n'existe aucune date de péremption légale. Cependant, les banques et les bailleurs exigent généralement une attestation de moins de 3 mois afin de vérifier que l'emploi est bien en cours au moment de la demande.